Portrait de David Décamps

David Décamps, un porte-parole des détails oubliés

David Décamps, photographe et illustrateur. Adepte de street photography, pour être tout à fait précis. J’ai débuté en 2013, quand je vivais à Palisades, près de New York.

Quel est votre mot pour désigner votre profession ?

Je me dirai « avocat », car j’essaye de défendre la notion d’attention qui me tient beaucoup à cœur. D’être un porte-parole des détails oubliés, et de sensibiliser à la poésie du quotidien.

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Cracking up, New York City, 2014, David Décamps

Vous êtes artiste pour quelles raisons ?

Je me vois plutôt comme un artisan de l’image, que je construis avec mon regard et mon attention. Mais pour répondre à votre question, ce sont des raisons à la fois thérapeutiques (la photo est pour moi un besoin presque vital), mais aussi de partage qui m’ont décidé à pratiquer la photographie.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur vos premiers œuvres ?

Un regard tendre et bienveillant, bien qu’assez critique. J’ai débuté la photographie aux États-Unis. Lors de mes promenades qui n’étaient alors que touristiques, je n’avais qu’un petit appareil photo très basique entre les mains.

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About time, New York City, 2014, David Décamps

Mais un cliché a vraiment tout déclenché. Il s’intitule Liberty et m’a fait prendre conscience qu’il suffisait d’être au bon endroit, au bon moment pour réussir une photographie. Bon, j’étais un peu naïf lors de cette « révélation », car d’autres ingrédients sont nécessaires pour réussir une bonne photo de rue !

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Liberty, New York City, 2013, David Décamps

Est-ce que vous avez un projet en particulier que vous aimeriez nous présenter ?

Je travaille depuis quelques années sur un projet photo intitulé Listeners. Son but est de découvrir de la musique à travers ceux qui l’écoutent. J’ai toujours été curieux de savoir ce que les autres pouvaient écouter et je me suis dit que cela pourrait être une bonne manière d’outrepasser les algorithmes de plateformes musicales qui nous enferment dans nos genres favoris.

Projet Listeners, 2016, David Décamps

Pourquoi la photographie noir & blanc ?

En ce qui concerne le choix du noir et blanc, c’est le côté intemporel de celui-ci qui me charme beaucoup. Mais aussi son ambiance, sa douceur, le fait qu’il permette de se focaliser sur les détails etc. 

L’œuvre qui a le plus influencé votre création ?

Il y en a plusieurs, mais celle qui me vient tout de suite à l’esprit c’est une photographie de Joel Meyerowitz intitulée Kiss Me Stupid. Il y a tout dans cette photographie. L’instant déjà, le baiser du couple, mais aussi ce lien immédiat que l’on fait avec l’écriteau, l’ambiance… C’est ce genre de moment et de lien entre la photographie et ceux qui la regardent que je cherche à créer dans mon travail.

Quel.le artiste vous a le plus impressionné et pour quelles raisons ? 

Je vais de nouveau mentionner Joel Meyerowitz… Ce qui me subjugue, c’est sa grande capacité d’écoute visuelle, d’empathie et de pédagogie. L’écouter parler de photographie, c’est comme écouter un poète réciter ses propres vers. C’est magnifique.

Quel.le artiste est-ce que vous recommanderiez de suivre sur Instagram ?

Je recommande Joel Meyerowitz, évidemment ! Andre D Wagner, jeune et excellent photographe de rue Américain, ou encore Anuar Patjane-Floriuk photographe animalier exceptionnel…

Mais sinon, faisant parti d’une Communauté d’artistes nommée La Condamine, je vous invite à aller voir le travail de mon confrère Davide Cassinari et ma consœur Katia Rabot. Ajoutez à cela d’autres personnes talentueuses comme Simon Véniel, Osman Talha, Heithem Houria, Sarah Berthe Lecomte…

Un seul moment particulier que vous retiendriez ?

Ce que je retiens, c’est le sourire des gens que je prends en photo, les échanges avec eux dans la rue, ou les encouragements qui donnent beaucoup de force et de sens à ce que je fais.

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The middle girl, Paris, 2018, David Décamps

Quel conseil est-ce que vous donneriez à un jeune photographe qui débute ?

De comprendre le but de son art, d’avoir une démarche artistique solide, des valeurs fortes qu’il est prêt à défendre à travers son travail. Dès lors que ce socle est établi, ne rien lâcher et prendre du plaisir pour mieux en donner aux autres.

Quel est votre rêve de créatif ?

J’aimerais pouvoir intégrer une agence photo en adéquation avec mes valeurs et mes émotions, exposer et pourquoi pas, dans un avenir plus ou moins proche, publier mon premier livre photo. Et sinon, continuer à rencontrer de belles personnes.

Et sinon, comment ça va ?

Et bien ça va très bien, merci beaucoup ! Je prépare en ce moment un nouvel onglet « Workshop » qui apparaîtra prochainement sur mon site. J’aimerais proposer des cours de photo de rue, sans m’attarder sur des parties techniques, mais davantage sur l’aspect humain, les notions de bienveillance, d’observation et d’empathie.

Bref, sensibiliser à la poésie du quotidien et proposer des séances aussi uniques que les spectacles que la vie quotidienne nous donne à contempler…

David Décamps est sur Instagram – de la même manière, il a son portfolio

Ayant grandi dans l’univers de CANAL+ et avec un iPod dans la poche, je pense que tout est possible 
à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais.
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