Portrait Marine Pichon

Marine Pichon, la petite fabrique à émotions

Je m’appelle Marine Pichon, je suis réalisatrice et motion designer freelance à Paris. J’exerce dans des domaines comme la publicité, le corporate, le clip, l’évènementiel et la fiction. J’ai toujours aimé raconter des histoires, et je suis fascinée par la création d’émotions.

Quel est votre mot pour désigner votre profession ?

« Créativité » est le mot que je choisirais. On doit constamment être force de proposition, être à l’écoute du client pour lui proposer de nouvelles idées. Mais aussi « débrouillard ». Les projets sont toujours à faire pour « avant-hier » donc il faut savoir rebondir très vite et s’adapter à des deadlines qui sont souvent courtes.

Kimono, Marine Pichon

Vous êtes créative pour quelles raisons ?

Depuis l’âge de 5 ans, je raconte des histoires. Quand je ne savais pas encore écrire, je faisais des dessins et je dictais à mes parents l’histoire qu’ils écrivaient à côté, puis j’agrafais le tout pour en faire un « livre ». Plus tard, j’ai commencé à toucher à la photo. J’adorais ça. Il y a eu ensuite la période « Skyblog » et je passais littéralement des heures à faire de la mise en page pour mes textes et mes histoires (mes débuts de graphisme en soi).

Puis à 13 ans, mes parents m’ont donné un caméscope à cassette Hi8 et j’ai commencé à filmer ma sœur dans le jardin. C’est quand je me suis retrouvée dans ma chambre à faire le montage le soir que j’ai compris que la combinaison entre l’histoire et l’image, c’est la réalisation vidéo. Et depuis je n’ai jamais lâché cet objectif !

Est-ce que vous avez un projet en particulier que vous aimeriez nous présenter ?

Il y a un projet qui me tient à cœur et que j’essaye de monter depuis bientôt 2 ans pour sensibiliser à la pollution des océans, et notamment au fait de jeter les mégots par terre. C’est un spot vidéo d’environs 1 min 30 s qui nous fait suivre le trajet d’un mégot depuis son paquet de cigarettes jusqu’à l’océan, puis dans la chaîne alimentaire qui mène à l’Homme. Le tout dans l’esprit du générique d’intro de Lord of War. Je cherche actuellement une boîte de production pour mettre en place le projet.

Un mot pour décrire votre style graphique ?

J’aime les ambiances poétiques et oniriques, je pense que mon style graphique s’ancre en ce sens. J’aime associer des univers/styles qui ne le sont pas habituellement, et les faire cohabiter. Cela permet d’amener, en quelque sorte, une notion « d’inattendu » qui me plaît beaucoup.

Cranes in the Sky, Marine Pichon

L’œuvre qui a le plus influencé votre création ?

Il n’y a pas d’œuvre qui ait influencé mes créations, à vrai dire je suis touchée par énormément de choses chaque jour que ce soit dans la peinture, la musique, des films/séries, des expos en tout genre, des livres…

Je m’inspire de plein de choses, et j’aime essayer de comprendre « pourquoi » ça me touche. J’aime décortiquer ce que j’aime pour comprendre quelle partie de l’œuvre a un impact sur moi. Et quand je dois créer à mon tour, je réfléchis toujours d’abord au message et à l’émotion que je souhaite transmettre. Puis la création vient toute seule à partir de là.

Explore your creativity, WACOM, Marine Pichon

Quel.le artiste vous a le plus impressionné et pour quelles raisons ? 

J’adore les réalisateurs comme Spike Jonze et Michel Gondry, que ce soit leurs films ou leurs clips, c’est toujours incroyablement créatif. J’adore leurs univers très oniriques et recherchés à chaque fois. J’aime aussi beaucoup le travail de Wes Anderson, qui a un univers super coloré et graphique. Chaque plan est minutieusement détaillé c’est un régal pour les yeux. Sans oublier le travail de Tanaka Tatsuya, je suis fascinée par le monde des miniatures depuis toujours, et quand j’ai découvert ses photographies, elles m’ont tout de suite captivé !

Quel.le artiste est-ce que vous recommanderiez de suivre sur Instagram ?

Le compte de Tanaka Tatsuya. C’est coloré, joyeux, et surprenant à chaque fois. Et les photographies de Kristina Makeeva (connue sous le nom de Hobopeeba sur Insta), qui maîtrise les couleurs comme personne.

Est-ce que vous avez déjà connu un ratage ?

Je n’ai pas connu de « ratage » à proprement parler. Mais j’ai déjà dû faire face à des situations où l’on a essayé de me mettre des bâtons dans les roues. J’ai toujours réussi jusqu’à présent à trouver des solutions pour contrer ces moments et atteindre mes objectifs. Cela m’a demandé de garder la tête froide et rester focus, mais finalement c’est ce qui m’a permis de bosser sur des projets de plus en plus importants. Ces moments font partie de mon chemin d’apprentissage et je n’ai aucun regret.

Est-ce que vous avez un seul moment que vous retenez en particulier dans votre carrière ?

Je dirais un de mes tout premiers projets, une publicité fictive que j’ai réalisée en partenariat avec une boîte de postproduction. J’avais 21 ans et c’était la première fois que je me retrouvais à gérer une grosse équipe sur le tournage, puis en post-prod ensuite, sur plusieurs mois. Il y a eu énormément d’imprévus à quelques jours du tournage que l’on a dû résoudre très vite, et je ne me sentais pas légitime à travailler avec autant de personnes talentueuses. Je remettais toutes mes idées constamment en question.

Mais c’est ce projet qui m’a permis d’améliorer ma confiance en moi, et de prendre conscience qu’il fallait que j’arrête de m’autonuire créativement. J’ai depuis beaucoup travaillé sur cet aspect personnel qui a littéralement changé mon rapport à la création.

Quel est votre rêve de créatif ?

Je rêve de réaliser une série, c’est mon rêve depuis mes 15 ans. Mon grand projet perso. Je bosse dessus dès que j’ai un peu de temps libre, mais j’aimerais m’y atteler plus sérieusement dans un futur proche.

Et sinon, comment ça va ?

Actuellement je travaille sur le show de Tony Carreira, une star au Portugal. Je m’occupe de créer les vidéos de la scénographie de son spectacle qui a lieu en mars 2020 à Lisbonne. Je suis toute seule sur ce projet donc j’ai beaucoup de boulot, mais ça se passe très bien 😊

Marine Pichon est sur Instagram – de même qu’elle a un portfolio.

Ayant grandi dans l’univers de CANAL+ et avec un iPod dans la poche, je pense que tout est possible 
à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais.
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